Du mal au bien deuxième partie

Récit érotique écrit par baiser eternel le 07-08-2012
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Catégorie Lesbiennes

J’ai les yeux qui brillent rien qu’à me souvenir de ce jour si exceptionnel.

- En fait je l’ai rencontré quand j’habitais encore à Rouen, nous nous sommes rencontrées dans un bar homo où je passais la soirée avec des amies.

- Et ?

- Je sentais un regard posé sur moi, depuis un bon moment, je n’osais à peine le soutenir. Elle ne cessait de me regarder avec insistance, je me souviens à l’époque je savais que j’avais une attirance pour les femmes mais jamais je n’avais eu de relation, j’étais pétrifiée. Mes amies autour de moi ne se sont pas rendu compte de ce qui se passait au début, elles se sont levées pour aller danser un peu, m’ont demandé de venir avec elles mais je leur avais dis que je préférais me reposer un peu.
C’est là qu’elle s’est levée de sa chaise et venue vers moi. J’étais rouge comme une pivoine, elle était là, devant moi.

- Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?

- Elle s’est présentée et m’a proposé de me payer un verre, nous avons beaucoup beaucoup parlé, en fin de soirée, mes amies sont parties.
Elle m’a demandé mon numéro de portable, je lui ai donné. Elle m’a rappelé le lendemain et depuis ce jour nous ne nous sommes plus jamais quittées. Nous étions si amoureuse, si heureuse, si complice que rien ne pouvais nous séparer du moins c’est ce que je croyais…

- Et comment vous avez fait pour atterrir ici ?

- Manon faisait partie de l’armée. Un jour elle est venue me voir les larmes aux yeux en me disant qu’elle était mutée à La Rochelle. Mon sang a fait qu’un tour, j’ai eu peur que la distance ne nous éloigne.

Alors j’ai pris la seule décision à prendre, j’ai décidé de tirer un trait sur ma vie à Rouen et d’aller vivre avec elle. Elle était heureuse de mon choix. J’ai pris le temps négocier mon licenciement, dire au revoir à mes amis, rendre mon appartement, dire au revoir au reste de ma famille qui ne m’ai pas tourné le dos après mon coming out. Et nous voilà arrivées à La Rochelle, plus amoureuse que jamais.

Nous habitions dans l’appartement que j’occupe actuellement. Tranquillement nous avons pris nos repères, nous connaissions parfaitement la ville et ses environs. Deux belles années de bonheur jusqu’à ce qu’arrive l’accident…

Je m’arrête de parler quelques secondes avant de reprendre, tu es mon amie et jusqu’à présent je ne t’ai presque rien dit sur moi, sur elle et sur l’accident, je n’étais pas prête.

- Je ne veux pas te forcer à revivre tout ça, je comprends très bien que tu souffres et que tu ne veilles pas parler du passé. Je connais les grandes lignes de ton passé et ne veux pas te faire du mal avec tout ça.

- Je crois que je suis prête maintenant, j’ai confiance en toi. Je vais te raconter le pire jour de ma vie mais s’il te plait, ne m’interrompt pas, c’est assez difficile à dire.

- Je t’écoute

- C’était un magnifique jour d’été, exactement le 17 juillet de l’année dernière, nous avions trainé au lit, j’étais blottie dans ses bras, un vrai moment d’amour et de tendresse. Je lui ai demandé si elle aimerait prendre les vélos et aller pique-niquer dans l’Ile de Ré, elle me répond de suite oui.
Nous nous préparons doucement, préparons le nécessaire pour le pique-nique, prenons les vélos et c’était parti pour logiquement une journée plage, bronzette, câlins et j’en passe. Nous roulions depuis plusieurs kms, j’ai décidé de faire une petite pause avant d’entamer l’interminable montée de pont.
Nous nous installons à l’écart des gens, buvons un peu tellement la chaleur était étouffante. Je la prends dans mes bras et nous décidons de reprendre la route mais avant cela, je dépose sur ses lèvres un baiser plein de tendresse et d’amour. Ce baiser fût le dernier… mes larmes se remettent à couler. Plus jamais je n’ai pu embrasser ses lèvres si sensuelles, caresser sa peau si douce…
Enfin bref, je me racle la gorge et je continue dans mon élan avant de ne plus avoir la force de continuer.

- Je roulais devant elle, je devais avoir au moins 100 mètres devant elle, je prenais de l’élan pour pouvoir monter cette sacrés côte. Je ne m’étais pas rendu compte qu’elle était assez loin derrière, quand soudain j’ai entendu un brouhaha énorme, des cris de souffrance… Elle venait de se faire renverser par une petite fourgonnette. J'ai lâché mon vélo, j'ai courru vers elle aussi vite que j’ai pu. J’arrive à sa hauteur et énorme moment de panique, elle est là, sur le bitume, le corps allongé en sang. Le conducteur me dit qu’il ne l’a pas vu, qu’il est désolé et qu’il était au téléphone. Je le maudit.

Je lui dis d’appeler les urgences. Je me place à coté d’elle, elle est encore consciente, elle me dit qu’elle a terriblement mal aux jambes et au ventre, j’essaie de la rassurer. Je la sens m’échapper, je la secoue légèrement pour ne pas qu’elle perde connaissance, je lui dis que les secours ne vont pas tarder à arriver. On les entend au loin qui arrivent. Je vois son regard qui s’éteint petit à petit, je lui dis : je t’en supplie reste avec moi mon amour j’ai besoin de toi, bat toi, accroche toi. Elle lève légèrement la tête, une larme coule sur sa joue, me regarde droit dans les yeux et me dit je t’aime et elle a fermé les yeux et ne les a jamais rouvert.

Les secours se sont précipités sur elle mais il était trop tard, elle m’avait abandonné.
Elle s’approche de moi et me serre dans ses bras, nous restons de longues minutes comme ça. Machinalement je regarde l’heure, il 17H10, je n’ai pas vu le temps passer. Je dis à Stéph :

 Tu devrais rentrer ton homme va commencer à s’inquiéter

 Ne t’inquiète pas pour ça, il sait que je suis avec toi, je vais juste lui envoyer un petit SMS. Elle prend son téléphone, je la vois écrire et elle me dit : c’est fait.

Il commence à faire sacrément froid, même si le beau temps était au rendez-vous, la chaleur, elle par contre n’y était pas. Je propose à Steph de retourner à mon appart pour prendre un petit café bien chaud. Ce qu’elle accepta sans aucune hésitation, la pauvre elle commençait à avoir le bout des doigts tout rouge. Nous rangeons nos affaires et commençons à descendre et nous dirigeons vers nos véhicules. Je m’équipe et la suit, elle connait parfaitement la route pour se rendre à mon appartement.

Nous y sommes, j’ouvre la porte, la laisse entrer et vais directement préparer un bon petit café.
Je la vois qui regarde autour d’elle, je l’observe, je suis vraiment honteuse de l’état de mon appartement.

Elle me regarde avec un petit sourire en coin et me dis :

- Je ne savais pas que la 2ème guerre mondiale s’était passée dans ton appartement ! ! !

Voilà maintenant ce que j’aime chez elle, son humour, c’est un vrai « clown sur patte » cette nana, ça me fait du bien.

Elle riait, et fière de ce qu’elle venait de me sortir. Je me mis soudainement à rougir de honte, effectivement, en regardant moi aussi autour de moi, je dois avouer que sans m’en rendre vraiment compte, mon appartement enfin notre appartement qui était à l’époque très douillé et toujours bien rangé était désormais dans un état lamentable.

- C’est vrai, tu as raison, c’est une vrai catastrophe, je me laisse de plus en plus allée.

- Si tu veux on boit ce petit café et je t’aide à faire le nettoyage, par contre appelle les éboueurs parce qu’ils vont avoir beaucoup de voyages à faire.

Encore une fois, elle avait se petit sourire très moqueur au coin des lèvres, je riais avec elle.

- C’est gentil mais je dois m’en occuper seule, au lieu de dire des bêtises viens t’assoir avec moi et prend ton café avant qu’il ne soit froid.

Nous continuons de discuter principalement du boulot, je travaille depuis presque 2 ans dans un grand supermarché de la région, c’est là où j’ai fais la connaissance de Stéph.

Petit à petit nous avons appris à nous connaitre, elle m’a présenté son homme qui est d’ailleurs adorable, ils forment un très beau couple et moi je lui ai présenté Manon, tout de suite, elles se sont très bien entendues.

Nous bossons dans le même rayon depuis le début, celui de la crèmerie. Nous sommes 3 à y travailler, Il y a Stéph, moi et PITBULL c’est comme ça que l’on appelle notre chef. C’est une femme de 45 ans, complètement aigrie, qui n’a aucune notion de ce que le mot chef veut dire, et dès qu’elle parle c’est pour nous « aboyer » dessus d’où son surnom.

Nous discutons un bon moment à parler de nos péripéties avec PITBULL, ou nous rigolons de bon cœur. Nous continuons un bon moment à nous moquer d’elle.

Stéph finit son café et me dit qu’elle va rentrer chez elle parce qu’il est plus de 18H30 et que Tom doit commencer à s’impatienter.

Je la remercie de cet après midi en sa compagnie, lui disant le bien fou que ça m’a fait de pouvoir parler. Elle quitte l’appartement avec un salut de la main et me dit à demain matin 5H00.

Je ferme la porte et là, grosse prise de conscience, je regarde autour de moi et je me dis ce soir ce sera opération rangement, je me dis ça en ayant un air loin d’être motivé, je soupir un bon coup et je vais me changer pour me mettre plus à l’aise. Il est 18H45 quand je commence.

Je me souviens que quand nous avons emménagées, c’était vieillot, il y avait de vieilles tapisseries horribles, aucun charme et petit à petit nous avons entièrement rénové l’appartement, chaque pièce maintenant est décorée avec nos goûts.

Je mets un peu de musique pour me motiver un peu sinon je ne vais pas avancer. Je commence par ma chambre enfin celle qui me servait de chambre quand Manon était encore là. Je n’ai pas passé une seule nuit dans ce lit depuis sa mort, c’est au dessus de mes forces, ça me rappelle trop de souvenirs, je dors dans le canapé d’angle qui se situe dans le salon.

Cette 'chambre' est devenue une pièce où j’entasse mon ligne propre posé sur le lit. Le lit est encore défait, de ce fameux jour… comme pour dire que ma vie s’est arrêtée ce jour là.

Je me décide de tout ranger malgré la boule au ventre qui commence à apparaitre, je place tout le linge dans l’armoire, et quelques petites babioles qui trainent par ci par là. Me voilà face à ce lit défait, je prends machinalement son oreiller que je place sur mon visage, je le respire, il y a encore l’odeur de son parfum sur la taie, je n’arrive pas décoller mon visage, tellement c’est bon, tellement ça me rappelle d’excellents souvenirs.

De chaque côté du lit, il y a deux tables de chevet. De son coté sur sa table de chevet, un radio réveil, une petite lampe moderne et un cadre avec ma photo à l’intérieur. De mon côté (à gauche) j’ai mon radio réveil, une lampe et un portrait en noir et blanc de Manon que j’avais fait d’elle, donc j’étais assez fière d’ailleurs. Mon dieu qu’elle est belle, j’admire cette photo où elle apparait sereine et joyeuse.

J’ouvre mon tiroir et en ressort une lettre qu’elle m’avait écrite 3 mois avant son décès, je me souviens c’était pour notre 4ième année ensemble. Je commence à la lire, une boule se forme dans ma gorge dès les premiers mots : mon amour
"Mon amour par ces quelques mots, je voudrais te remercier d’être à mes côtés chaque jour. J’aime tellement entendre tes rires, t’entendre dire des bêtises, t’entendre dire que tu m’aimes et que je suis la femme de ta vie. J’aime ta tendresse, tes lèvres passionnées, ton corps si doux, hummm je m’égard, j’espère au moins que tu sais à quel point je te désire.
Jamais je ne pourrais me passer de toi, tu es toute ma vie, je suis fière et tellement heureuse d’être ta femme. Je t’aimerais jusqu’à ce que la mort nous sépare et bien plus encore, JE T’AIME."

Je lis cette dernière phrase encore et encore mais je respire bien à fond pour ne pas pleurer, je me retiens mais c’est très difficile.

Je me reprends sinon je ne vais plus avancer. Je range la lettre à sa place dans le tiroir. Je ne change pas les draps, je n’y arrive pas, je veux la sentir encore un peu. Alors je me contente de refaire le lit. Je regarde autour de moi et je suis assez fière de ce que je viens de faire. Je me trouve maintenant dans une pièce 'cocooning'.

Elle y dégage maintenant une ambiance plus sereine. Les murs sont de couleurs taupe, avec une décoration zen avec des bougies un peu partout dans la pièce, des cadres avec un bouddha, des rideaux de couleurs crème. Je suis contente, je sorts et ferme la porte derrière moi.

J’enchaîne par la suivante, le bureau, c’était le QG de Manon, c’est ici qu’elle venait travailler pour être au calme. Elle y passait au moins une heure tous les soirs pour taper ses rapports. Je n’ai pas grand-chose à ranger or replacer ses papiers à leur place d’origine, je n’y passe que 10 minutes, je continue par la salle de bain, une pièce pas très grande avec une baignoire et une petite douche mais très agréable avec des couleurs sympa, toute la déco est en noir blanc et gris. J’ai juste un petit coup de ménage à faire, ranger quelques affaires et le tour est joué. C’est à ce moment que les choses se compliquent, je longe le couloir j’entre dans « mon domaine » le salon. Je me dis que cette fois je vais y passer des heures.

Je regarde ma monte, il est déjà 20H15.
Je commence à me diriger vers mon canapé où j’ai posé en boule ma couette, mon oreiller et mes affaires pour dormir, en autre le tee-shirt préféré de Manon, je ne m’en sépare presque jamais, évidemment sauf pour le laver.

Je plis tout ça, les range dans le coffre du canapé. Je ramasse sur la table du salon un semblant de repas fait à la vas vite, je débarrasse mon assiette, mon verre et mes couverts que j’avais laissé hier soir et vais les placer dans la cuisine style américaine, et là encore je me dis que j’ai un travail monstre. Dans le bac à vaisselle, il y a la vaisselle d’au moins 3 jours, je soupire, mais bon je garde le courage et retourne dans le salon.

Je continue à ranger, je dois y passer au moins une heure. Je regarde autour de moi et pour une fois je n’ai plus honte de cette pièce laissée à l’abandon depuis bien trop longtemps. Tellement la pièce était en bazar, j’en avais presque oublié le charme qu’elle y dégage.

C’est une très grande pièce, il y a des plantes un peu partout dispersées dans le salon, salle à manger. Les couleurs de la pièce sont assez vives, un peu de rouge, orange, jaune, mais rien de trop, juste ce qu’il faut. Les meubles sont modernes, dessus il y a des photos de nous avec le sourire aux lèvres dans tous les endroits où nous avons pu aller nous balader.

Mon regard se pose sur une en particulier, c’est une photo de nous, prise par Stéph, sur cette photo je tiens Manon dans les bras et nous nous embrassons devant un magnifique coucher de soleil à Boyardville (magnifique vu sur le fort Boyard), je souris en repensant à cette superbe soirée.

Il y a sur les murs des photos que j’ai prises que j’ai faites agrandir parce que Manon les adoraient. Ce sont de superbes couchers de soleil, des paysages magnifiques de la région mais aussi de notre Normandie.

Je fais la poussière rapidement, passe le balai et voilà encore une pièce terminée, je suis contente et j’attaque la dernière pièce, la cuisine.

Je regarde ma montre, il est 21H20, je me dis que je ne vais pas encore beaucoup dormir cette nuit parce que je ne veux pas m’arrêter là, je veux terminer cette dernière pièce.

Dire qu’avant, la cuisine était un endroit où j’adorais être, j’aimais concoqueter des petits plats à ma chérie, j’aimais la surprendre le matin avec des petits déjeuners préparés avec amour…

C’est une belle cuisine avec un grand bar donnant directement sur le salon. Je regarde autour de moi, et j’ai l’impression qu’une équipe de rugby y a séjournée pendant 15 jours, quel souk.

Je commence tranquillement à ranger, je récupère des bouteilles d’eau qui sont mises sur le bar et vais les ranger dans le frigo type américain, en l’ouvrant je souris légèrement, j’ai l’impression d’être une ado, pleine acné, comme je l’étais il y a 15 ans de ça. Tout ça pour dire que je me nourris très très mal, aucun repas équilibré, or mon éternel jambon – pâtes, coca ou alors ces fameux plats cuisinés que l’on peut trouver dans les rayon frais des supermarchés. Je ressemble à une vieille célibataire endurcie.

D’ailleurs de me dis que j’irais faire des courses demain parce que mon frigo « cri famine », les étagères sont quasi vides, honte à moi, je ne suis même pas capable de m’entretenir un minimum.

Je continue de ranger le bazar, fais la vaisselle, nettoie partout et je m’arrête net, c’est enfin terminé, je regarde ma montre, il est 22H05.

Un dernier coup d’œil vers la cuisine, le rouge-bordeaux des murs ressort bien ainsi que le gris béton du plan de travail et du bar. wouawou, ça fait très longtemps que je ne l’ai pas vu ainsi. Ca me fait plaisir. Maintenant à moi, de faire attention et de laisser tout ça propre.

Je suis fatiguée mais vraiment contente de ce que j’ai fait. Je décide d’aller prendre une bonne douche, je l’ai bien méritée. Je laisse couler l’eau sur ma peau un bon moment avant de me savonner Je reste au moins ¼ d’heure dessous, je sors enfin, me sèche, j’enfile mes vêtements pour dormir.

Je sors de la salle de bain, me dirige vers le couloir et entre dans le salon, je me sens soudainement vraiment étrange. Je regarde autour de moi et j’ai l’impression que Manon va ouvrir la porte d’entrée et va me prendre dans ses bras comme avant…

L’appartement est tel que Manon l’a connu, instinctivement en faisant le ménage, j’ai replacé chaque objet à sa place d’origine comme quand elle était encore là. une petit moment de nostalgie s'installe dans mon esprit.

J’éteins la musique pour faire place à la télé qui se situe face au canapé. J’ai toujours besoin d’avoir une présence, du moins un bruit de fond. Comme à son habitude, il n’y a rien d’exceptionnel à part ces films policiers, je retourne vite fait dans la cuisine chercher quelque chose à manger, j’ouvre le frigo, et je rigole toute seule.

Je parle à voix haute, aller Nina, ce soir c’est fête, ce sera spaghetti bolo en plat cuisiné. Je le fait chauffer au micro onde, récupère une petite bouteille d’eau au passage et retourne m’assoir sur le canapé. Je suis confortablement installée dans mon canapé à manger ce truc infâme.

Une fois terminé, je vais ranger mes couverts, assiettes que je lave aussitôt d’ailleurs pour être tranquille.

Je regarde l’horloge de la cuisine, elle indique 23H00. Je retourne vers le salon pour installer mon lit. Je me dis qu’il ne me reste plus que 5 heures de sommeil, la journée de demain risque encore d’être dure. Je m’allonge, je mets la sonnerie du réveil de mon portable à 4H00 et ne tarde pas pour une fois à m’endormir.

Nous sommes lundi, le réveil sonne depuis un petit moment déjà, il est 4H10, j’ai du mal à ouvrir les yeux, c’est très dur ce matin. Je me lève péniblement du lit du moins du canapé. Je me dirige vers la cuisine me faire un petit café, et me sers un verre de jus d’orange. Je me dis qu’un peu de caféine et de vitamine ne peuvent que me rebooster pour la journée. Je ne mange rien, je suis incapable de grignoter quoi que ce soit le matin. J’avale vite fait mon café et fini mon jus d’orange. Je lève la tête sur la pendule, elle indique 4H20.


Je mets comme à mon habitude un petit fond de musique. Et je décide enfin de « passer la 2ème », je suis à la bourre ce matin, je suis sensée partir dans 15 minutes. Je marche d’un pas décidé vers ‘ma chambre’ pour chercher les vêtements que je vais porter aujourd’hui. J’opte pour un levi’s noir et un pull col en V noir également. En regardant mon armoire, je me rends compte que la quasi-totalité de mes vêtements sont noirs, j’ai mis de coté les choses un peu plus colorées, que je ne mets plus du tout d’ailleurs.

Je me dirige vers la salle de bain, fais couler l’eau, et je vais me laver. Quelques minutes plus tard, je sors, me sèche, m’habille rapidement, fini de me préparer… et fini par le maquillage, comme disait ma mère un peu ‘de trompe couillon’, ce qui veut dire mettre du maquillage pour ne pas monter la sale tronche qu’il y en en dessous. Elle me faisait rire avec ça. Effectivement, les cernes noirs et les poches sous les yeux étaient atténués. Je suis prête, j’éteins la musique et quitte l’appartement.

J’ai pris la voiture ce matin, j’ai des courses à faire après la débauche (ce qui veut dire ici, à la fin du travail). J’ai 15kms de trajet avant d’arriver devant l’enseigne que je connais par cœur. Je me gare à la même place que d’habitude, j’aperçois la voiture de Stéph un peu plus loin, elle est déjà à l’intérieur. Je me dépêche je suis presque en retard.

A l’intérieur je me précipite de badger, 4H59, il était moins une. J’entre dans les vestiaires, ouvre mon casier et enfile ma tenue de boulot, un magnifique pull orange à la limite du fluo avec une inscription dans le dos « A VOTRE SERVICE », je déteste ça, je ressemble à Casimir comme ça. Mon patron m’a dit un jour que c’était pour que les clients nous remarquent mieux. Ca c’est sur, pour être vus, ont est vus ! ! !

Il est 5H00 pile, j’entre dans l’allée de mon rayon, je serre la main à ma chef qui comme à son habitude a sa tête d’abrutie, nous ne nous parlons pas, je file directement dire bonjour à Stéph. Elle me dit :

- Tu vas bien aujourd’hui ?

- Oui ça va, j’ai passé une bonne
journée hier grâce à toi, encore merci. Au fait Tom ne t’as rien dit du faite que tu sois rentrée assez tard ? Tu m’excuseras auprès de lui.

- Rassure toi, il ne m’a rien dit en plus ça ne faisait pas longtemps qu’il était rentré.

Je regarde en direction de PITBULL, elle a nous regarde, elle semble énervée à nous voir discuter. Sans dire un mot de plus à Stéph je file travailler.

(Désolée pour le passage qui va suivre pas très intéressant mais je veux vous faire rentrer entièrement dans la vie de Nina dont son travail)

Stéph va chercher les palettes ou tous les produits arrivent dessus dans un S.A.S FRAIS, pour être plus clair dans un frigo géant. Ce matin il y a 6 palettes, donc il y a pas mal de boulot. Le lundi est une grande journée parce qu’il y a beaucoup de monde le week-end qui font leurs courses.

Elle emmène les palettes une à une dans le rayon, pendant que moi je fais les dates, ce qui veut dire retirer les dates courtes et les périmés, rien de bien passionnant mais c’est obligatoire et important. Je les mets tous dans une caisse, c’est très long à faire. C’est enfin terminé, il est 5H30, la caisse est pleine, je vais la mettre au SAS FRAIS pour que l’association locale pour des gens démunis (style resto du cœur) viennent la récupérer.

Nous commençons toutes les trois à attaquer une palette chacune. Nous sommes chacune de notre coté, personne ne parle, on entendrait une mouche voler. Pitbull refuse que nous parlions en travaillant, soit disant parce que ça retarde le travail. Nous entendons juste la musique (une radio interne qui passe des musiques actuelles, des anciennes voir des trucs super bizarre, il y a aussi un animateur qui parle des actualités, l’horoscope…).

Nous travaillons à un rythme soutenu, pas le choix, tellement la quantité de travail est énorme. Stéph et moi travaillons super rapidement, quant à PITBULL, je suis certaine qu’une mémé de 85 ans pourrait faire mieux que ça. Je regarde Stéph avec un sourire moqueur, je sais qu’elle me comprend.

Je mets les produits en rayon en faisant bien attention de faire les rotations, ce qui veut dire mettre les dates plus courtes devant et l’arrivage donc les dates plus longues derrière.

J’écoute la musique, ça me distrait, grâce à elle, je m’évade un peu dans les pensées. J’oublie ce travail que je n’aime pas ou du moins la chef qui nous commande.

Je vois tous mes collègues qui s’activent dans les allées, on dirait une vraie fourmilière. Tout le monde connait son rôle pas cœur. Je crois que personne de l’extérieur n’imagine comme ça se passe avant l’ouverture du magasin.

Il est 8H30, nous avons finis la mise en rayon, il nous reste plus qu’à ranger la marchandise restante et aller la mettre dans la réserve dans notre frigo qui se situe tout au fond du magasin. Nous retournons dans le rayon afin de faire le ‘facing’ ce qui veut dire aligner correctement les produits pour que les clients puisent les attraper plus facilement mais aussi pour le côté visuel.

C’est fini pour aujourd’hui, je regarde ma monte, il est 8H59, nous avons terminé, pile à l’heure. J’entends les grilles qui s’ouvrent et les clients qui font leur entrée progressivement. Ca va le lundi matin, il n’y a pas foule, les gens se ballade. Comme d’habitude, ce sont les personnes âgées les premiers.

Quant à moi, je me dis que ma journée de travail est quasiment terminée. Nous montons ½ heure en pause avec Stéph et après nous aurons plus que les œufs à mettre et ce sera fini pour aujourd’hui.

Enfin un moment agréable dans cette journée : la pause. Tous mes collègues y sont. Le magasin doit être désert, il ne doit plus y avoir beaucoup de Casimir dans les allées. Tout le monde prend son petit café bien tranquillement.

J’entre dans la salle de pause, suivie de très près par Stéph. Je salue rapidement les autres. Nous nous dirigeons vers le distributeur à café. Je prends mon café, elle le sien et allons nous installer à une table libre pour ne pas être dérangées.

Enfin nous pouvons parler tranquillement. Nous parlons de tous et de rien, encore une fois la conversation s’éternise sur Pitbull, on ne lui fait pas de cadeau.

Je lui dis : Dis-moi, tu as quelque chose de prévu de midi ?

- Rien, pourquoi ?

- Viens manger à l’appart si tu veux.

- Ecoute, avec plaisir, je viens à quelle heure ?

- Vers midi, je pense que ce sera très bien, et n’amène rien, je m’occupe de tout, j’ai des courses à faire après la débauche.

- Tu peux compter sur moi, je serai là.

Nous continuons de parler un petit instant. Je regarde l’heure, il est 9H30, c’est l’heure d’y retourner. Stéph me devance. Nous allons chercher les œufs dans la réserve et nous dirigeons vers le rayon. 25 minutes plus tard, c’est terminé.

La journée est terminée. Je vais dans les vestiaires me changer, retirer ce pull horrible. Stéph me dit à tout à l’heure et s’éloigne.

Quant à moi, je vais faire quelques courses. L’avantage de travailler dans un supermarché c’est qu’on connait le magasin comme le fond de sa poche. Je sais exactement où se situent les choses. Mon panier se rempli progressivement, j’ai trouvé le repas de ce midi, il me reste plus que me faire une petite réserve de plats cuisinés. Je me dirige dans les allées presque machinalement. Une grande gamme de plats s’offre à moi, je crois que je les ai tous essayés. Je prends mes préférés, hachis parmentier, lasagne, pâte bolo et carbo et pleins d’autres. Je vais dans le rayon derrière et je prends plusieurs paquets de jambon. Je ne change pas du tout mon style de repas.

Je me dirige à ma caisse ‘spéciale employé’, et oui nous n’avons pas le droit de passer par une autre caisse. Ils ont peur aux vols, bref, ‘sœur sourire’ m’encaisse, elle s’est la chef des caissières, elle est loin d’être aimable celle-là. Je l’ignore, je paie et rentre chez moi.

Après 15 minutes de trajet, me voilà enfin chez moi, je regarde la pendule, il est 11H30.

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