La Sauvageonne Kanouri

Récit érotique écrit par admin le 07-08-2015
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Catégorie Couple

Cette année-là, Martin Luther King recevait le prix Nobel de la Paix et Hamani Diori présidait encore la République du Niger, nouvellement indépendante depuis presque quatre ans, mais ceci ne m’importait pas plus que cela. D’ailleurs, je ne connaissais aucun de ces deux types et, à ce moment-là, j’aurais pu jurer en toute bonne foi n’en avoir jamais entendu parler.

De nos jours, pas un de mes jeunes compatriotes ne peut imaginer dans quel dénuement nous vivions alors. Quant aux occidentaux, n’y pensons même pas, ils ne pourront jamais concevoir comment était la vie dans ces régions paumées d’Afrique, presque totalement isolées du monde. Nous n’avions rien, pas de poste et télégraphe, pas de téléphone, pas de journaux et à plus forte raison pas de TV.

Erreur ! Le chef du village possédait une radio mais celle-ci ne fonctionnait que très rarement car les piles étaient chères et ne duraient pas longtemps. Au demeurant, l’écoute était exclusivement réservée aux hommes quand ils se réunissaient le soir sous l’arbre à palabres. Pour autant, la vie n’était pas triste. Nous avions nos joies et nos peines autant que d’autres mieux nanties.

Dans ce temps-là, j’étais une jeune fille qu’on disait alerte et j’habitais chez mes parents, une case nichée au beau milieu d’un village, perdu dans la partie nord-ouest du bassin sédimentaire du lac Tchad. Lequel village était distant de trois heures à pied de Nguigmi, une grosse bourgade où j’accompagnais parfois ma mère pour vendre des produits au marché.

Nguigmi est une agglomération sise aux confins du désert du Ténéré, c’est un nœud de trafics vers la Libye, le Tchad et le Nigeria. J’aimais m’y rendre et découvrir ces mille choses de la modernité qui m’émerveillaient. C’est à Nguigmi que je vis mes premiers blancs, ces extraterrestres bizarres autant que rares.


— Zara, ma pauvre fille, les nasaras – c’est le nom que nous donnions aux étrangers – ne sont pas comme nous, disait ma mère en m’interdisant de rejoindre les autres gamins qui s’agglutinaient en cortège quand d’aventure un Européen passait à portée.

C’est également à Nguigmi qu’un commerçant haoussa me remarqua. Il est vrai que mon corps prenait des formes de nature à susciter les convoitises masculines. Les vieilles au village me prédisaient des aptitudes et naturellement on me promettait une nombreuse progéniture, comme il se doit quand on a de si belles prédispositions.


— Tu es encore un peu maigrichonne, affirmaient-elles en évaluant la croupe autant que la mamelle, lesquelles n’étaient jamais assez opulentes aux yeux des matrones. Mais après le premier « vêlage » tu seras au top, concluaient-elles invariablement.

Ces dames s’exprimaient à peu près dans ces termes, avec des propos dont la coloration productiviste ne faisait que refléter la préoccupation de notre petite communauté. Nous, les femmes, étions d’abord des vaches à lait. Rares étaient les hommes qui gardaient une épouse stérile. Celle-ci était le plus souvent répudiée dans l’année si l’union menaçait d’être inféconde.

Quoi qu’il en soit, le commerçant haoussa eut tôt fait de faire affaire avec mon père et, dès lors, je lui fus promise. C’était une échéance inéluctable que j’appréhendais depuis des mois. D’ailleurs, toutes les amies de mon âge étaient déjà mariées. Parmi les jeunes filles pubères du village, il n’y avait plus qu’Aïssatou et moi qui ne l’étions pas, mais le père de mon amie possédait beaucoup de terres, des vaches et autant de chamelles que les doigts des deux mains et plein de greniers remplis d’épis de mil et de sorgho tandis que ma famille était pauvre.


— Ma fille, tu as de la chance, il est très riche et gentil de surcroît, argumentait mon père en vantant les mérites de mon prétendant, omettant de préciser qu’il avait presque trois fois mon âge et déjà plusieurs épouses.

La cérémonie était prévue à la suite de l’Aïd el-Kebir, la grande fête du sacrifice, ce qui me laissait quelques mois pour me faire à l’idée et me résigner à l’immolation.

oooOOOooo

Du jour où je connus ma destinée, la colère ne me quitta plus. J’en voulus à mon père et à la terre entière, mais chez nous il n’est pas convenable ni admissible de se rebeller contre ses aînés, si bien que je tus mon ressentiment. C’est à cette époque que j’eus mon premier amant, mais je fautai assez innocemment, sans bien me rendre compte.

Abdul était l’épicier du village mais son talent rhétorique tenait de la magie. Ce type était bien le seul qui pouvait me dérider en ces temps de morosité. Il n’esquivait pas pour autant les sujets scabreux et évoquait sans barguigner la perspective de mon prochain mariage. Il en plaisantait même et, comble du paradoxe, je parvenais à en rire. Mais avec lui, je basculais en un clin d’œil de l’humeur la plus maussade à l’hilarité la plus débridée.

À n’en pas douter, le diable était l’allié d’Abdul, lequel endormait ma lucidité au point que je me montrais exagérément perméable à la dialectique fallacieuse de ce don Juan invétéré.


— Je te donne deux paquets si tu es d’accord, lança-t-il ce jour-là, en une ultime tentative pour me soudoyer, et désignant la marque de biscuits fourrés dont j’étais friande.

L’offre était d’autant plus alléchante qu’auparavant, le bougre avait pris soin d’apaiser mes craintes. Ce saligaud m’avait convaincue que l’exercice, à la manière dont il entendait pratiquer, était parfaitement infécond et tout à fait inoffensif pour ma virginité.

Certes, j’étais sotte et naïve au point de croire n’importe quoi. Pour comprendre ma crédulité, il faut imaginer la jeune sauvageonne que j’étais alors. Comme la plupart des femmes Kanouri dans ces années-là, j’étais totalement analphabète, absolument inculte, foncièrement frustre et de surcroît, pour l’occasion, profondément contrariée.

Certains nous croyaient un peu arriérés mais il n’en était rien. C’est seulement que le petit groupe ethnique des Kanouri présent dans la région du lac Tchad et dont je ressors directement de par mon lignage paternel autant que maternel se terrait dans des coins pas possibles, oubliés des dieux, loin des grandes voies de communication. Bah ! Qu’importe !

Sans surprise, la tentation fut la plus forte. Abdul et moi-même tombâmes d’accord et convînmes des modalités de la réalisation, laquelle s’emmancha dans la foulée. Je relevai mon pagne et pris la position que mon mentor me recommandait, couchée à plat ventre sur un sac de mil et la lune bien exposée. Son sexe était très dur, il tâtonna un instant avant de trouver sa voie.

Ce sagouin blessa mon périnée. Il me fit mal, très mal, et la souffrance fut encore plus cuisante quand sa verge pénétra mon vagin. Je hurlai et tentai de me dégager mais le boutiquier maintint solidement la prise. Il garda la position et resta immobile, le temps que je me calme. Après un moment, mon supplice devint supportable, je relâchai mes muscles et cessai de crier. Abdul profita de l’accalmie pour reprendre en douceur et dès lors, la douleur était beaucoup moins terrible et même très tolérable.

Le sexe du mâle emplissait mon ventre tandis que le gras de son bide battait contre mes fesses. D’étranges sensations bouleversaient mes entrailles, ce n’était pas l’extase, loin de là, mais pas désagréable non plus. Le phallus trouvait sa place dans mes chairs. Il fouillait, palpitait, tressautait, crachait. Cette turgescence extrêmement raide qui s’octroyait droit d’entrée dans les tréfonds de mon intimité me déconcerta assez, au point que je mobilisai tous mes sens et gardai l’affût pour mieux comprendre le phénomène.

Ce jour-là, je quittai la boutique, l’entrejambe passablement souillé. Du sang et du sperme poissaient mes cuisses mais je n’en avais cure, moins soucieuse d’hygiène que de mes paquets tout neufs, pleins de biscuits dont je me régalais par avance. Je mangeai tout, seule et d’une seule traite, de peur d’être surprise en possession d’une friandise aussi compromettante. La gourmandise aidant, il y eut d’autres fois où je me prostituais de la sorte.

Cela devenait même une habitude agréable. L’intromission n’était plus du tout douloureuse et je m’adonnais à la gymnastique avec de plus en plus d’entrain. Quand le boutiquier me prenait, ce qu’il faisait toujours par-derrière, un instinct viscéral faisait que j’accompagnais de mon mieux la quête masculine. Mes ardeurs n’étaient pas feintes et mon assiduité était irréprochable parce que je prenais un réel plaisir dans ces rapports. Je crois bien que j’aurais laissé faire l’épicier même s’il ne m’avait plus récompensée.

À la période de soudure, les sacs de mil devenant rares dans l’arrière-boutique, nous optâmes pour une pile de sacs de farine qui s’avéra un accessoire tout aussi commode pour notre exercice. L’important était que l’appui me donne une position confortable et que mon bassin soit à bonne hauteur pour que mon partenaire me pénètre commodément.

Incidemment, c’était sur ces satanés sacs de farine que je forgeais ma volonté de m’instruire, laquelle naissait certains jours quand j’ahanais distraitement tandis que les hiéroglyphes que je ne savais pas déchiffrer s’étalaient sous mon nez. Cependant, ce choix des sacs de farine avait aussi des inconvénients et notamment celui d’être très farineux. Ceux qui fréquentent les fournils sauront quel était mon problème, tant et si bien que je préférais finalement me déshabiller entièrement préalablement à nos rapports, pour épargner mes nippes et, ultérieurement, ne pas prêter à soupçons.

Le déshabillage en soi n’était pas extraordinaire ni bien difficile vu que mes seuls vêtements étaient un vague tee-shirt et le pagne qui ceinturait mes hanches. Chez nous, les culottes et les soutien-gorge n’étaient pas des lingeries très usitées et en tout cas, je n’en usais pas en ce qui me concerne. Pour autant, nous avions nos pudeurs, on ne s’exhibait pas à tout propos. Néanmoins, j’aimais assez me dénuder devant Abdul, mais avant tout, c’était l’étincelle que j’entrevoyais dans son œil qui me ravissait.

Je retrouvais cette lueur quand je me redressais après qu’il avait éjaculé. La farine dessinait des arabesques étranges sur mon épiderme, lesquelles contrastaient comiquement avec mon teint d’un noir des plus purs. L’œuvre aux contours chaque fois plus fantasques et ces contrastes de couleurs nous amusaient toujours. Dans ces moments, l’œil d’Abdul brillait de nouveau de cette manière mystérieuse qui m’enchantait tant. Il m’aidait à me débarrasser de ces décorations fantaisistes.

Sa main s’attardait davantage et se montrait plus tendre tandis qu’il abordait mon ventre ou mes seins, et il ne dédaignait pas de s’égarer sur mes fesses s’il n’avait plus rien à nettoyer. Ces attentions m’émouvaient terriblement et faisaient naître chez moi des sensations curieuses. Il arrivait parfois que nous nous accouplions de nouveau. Dans ces cas-là, je reprenais la position.

Certes, mon boutiquier chéri manquait diablement d’imagination et je n’osais pas moi-même déborder du cadre tracé parce que je croyais dur comme fer que le respect de la procédure était le meilleur garant de ma virginité. Mais comment ai-je pu être aussi crédule ! Ce sujet alimente encore ma perplexité alors que des dizaines d’années ont passé.

S’il n’était pas question d’explorer le Kamasoutra, il arrivait pourtant qu’on varie les gâteries. La première fois est survenue ce jour où je m’extasiais de la puissance des attributs masculins. Mes connaissances en la matière étaient des plus basiques et Abdul, lui-même, ne les exhibait pas plus que nécessaire. Sans doute était-ce pour cela que ma curiosité était en éveil, toujours est-il que je m’empressais avec une fringale non dissimulée quand le destin me donnait l’opportunité d’avoir la paire de couilles bien en main. Inutile de m’étendre plus qu’il n’est besoin, disons que j’étudiais en détail cet appendice époustouflant, tant et si bien que mon partenaire m’invitait à poursuivre l’analyse et même à goûter, mais moi j’avais des réticences à le faire.


— Arrête, Abdul ! … C’est dégueulasse. … Ton machin, il sent plus mauvais que le poisson séché des Boudoumas (un groupe ethnique spécialisé dans la pêche sur le lac), bafouillai-je entre mes borborygmes sans parvenir à me débarrasser de son truc malodorant qu’il me fourrait tout entier dans la bouche.

Ce jour-là, nos rapports tournèrent court. Le lendemain, l’affaire se présenta sous un meilleur angle. Monsieur avait soigneusement récuré le matériel et il tint absolument à ce que je fasse la revue de détail. Mon partenaire se faisait délicat et même un peu coquet, il s’était manifestement parfumé. Des senteurs fort agréables titillèrent mes narines tandis qu’il baladait son engin sous mon nez. Bien entendu, je n’avais plus de raison de me défiler et j’exécutai scrupuleusement les directives du maître. C’est ainsi que j’appris à tailler une pipe. Les fois suivantes, j’améliorai quelque peu la technique autant que ma pratique.

Comme de juste, une meilleure prestation appelle une meilleure rémunération. De ce point de vue aussi, j’étais gâtée, l’épicier donnait de plus en plus. En vérité je n’étais pas étrangère à cette heureuse évolution. Au départ, je m’en tins au contrat puis, la chose et l’auteur me devenant familiers, mon goût du jeu prit le dessus si bien d’ailleurs que j’asticotai gaillardement mon lascar. Le loustic cédait chaque fois davantage sans vraiment résister ce qui ne laissait pas de m’étonner et ce qui m’émerveillait aussi. Dans le même temps cela m’encourageait à poursuivre, parce que mon jeu n’y trouvait pas son compte, ni sa limite.

Naturellement, une telle mansuétude renforça mon enthousiasme quant à ce qui concernait ma relation avec le boutiquier. Je me fis plus chatte, plus exigeante, plus assidue. C’était le bonheur et l’opulence. Malheureusement, la prudence m’imposait une certaine discrétion et pour cela je ne pus pas, autant que je le voulais, faire profiter ma famille de toutes ces bonnes choses que j’avais à foison.

Je me consolais malgré tout car, dans le même temps, mes parents et la fratrie connaissaient aussi l’euphorie, parce qu’entretemps mon promis avait versé la dot. D’un seul coup, le troupeau du paternel avait doublé, mais ne voilà-t-il pas que le père s’était mis à perdre la boule ; il n’arrêtait plus de compter et recompter les têtes de bétail à longueur de journée, et aussi la nuit, tant il n’en croyait pas sa fortune.

Outre les vaches, le futur époux avait aussi fait livrer deux magnifiques chamelles, trois ânes, plusieurs pièces de tissu, une charrue moderne, des ustensiles de cuisine, dix sacs de grains, deux d’oignons, un de tomates séchées, de la farine, de l’huile et pleines de colifichets lesquels, soit dit en passant, firent le bonheur des frangines et des frangins.

De mémoire d’anciens, on n’avait jamais connu une dot si fastueuse, mais la performance ne me réjouissait pas du tout. Au contraire, l’approche de l’échéance ravivait ma terreur et j’exhumais de vieilles superstitions pour exorciser mes frayeurs.


— On dit que les Haoussas réduisent leurs femmes en esclavage, me plaignis-je pour émouvoir ma mère.— Sornettes ! Ma fille, les Haoussas sont de bons croyants comme nous. Tu ne peux pas rêver mieux, rétorqua-t-elle sans vraiment me rassurer ni me convaincre.

Face à tant d’incompréhension, je partis me réfugier chez Abdul et pour l’occasion, explorai une idée qui me trottait dans la tête.


— Et si tu me mariais, tu pourrais me déflorer, arguai-je en croyant que l’argument avait du poids parce que naturellement je m’imaginais encore vierge et étais à mille lieues de soupçonner que je me leurrais doublement.— J’ai déjà une femme, répliqua Abdul sans rien m’apprendre de nouveau, mais en laissant percer des réticences qui ne me disaient rien qui vaille.— Et alors, je serais ta deuxième épouse, insistai-je derechef avec plus de vigueur, mais déjà un peu moins convaincue qu’il pouvait être mon sauveur.— Impossible, tu es déjà promise, se défila-t-il encore.— Tu rembourses le commerçant haoussa, suggérai-je benoîtement.— Tu es folle, je ne suis pas assez riche, asséna-t-il vertement en détruisant sans vergogne le rêve que je caressais depuis la veille.

Je crois bien que c’est ce jour que je devins une femme et pas seulement au sens physiologique du terme. Ça fait mal, très mal. Je l’aimais ce con. Mon univers tout entier se dissolvait dans le néant. J’ai fui en pleurant. Je courus longtemps au hasard dans la brousse. Les pythons et les vipères à cornes n’avaient qu’à bien se tenir.

oooOOOooo

Mon idylle plutôt décevante se termina peu de temps après cet épisode mémorable. Les ragots commençaient à circuler dans le village et ma réputation n’en sortait pas grandie, mais ce n’était pas encore le pire. Il devint vite évident que j’étais enceinte. Du jour où mon état fut connu des parents, le ciel me tomba sur la tête.

Le père remboursa la dot comme il put, jusqu’au dernier cent, et il dut pour cela prélever sur son propre troupeau pour compenser la déperdition. Quant à Abdul, bonsoir ! Le faux jeton m’ignorait ou refusait de me recevoir. C’était la misère et, pour faire bon compte, ma honte rejaillissait sur la famille.

Je fus expédiée chez une tante, une sœur à ma mère, laquelle était mariée à un fonctionnaire de police affecté dans une petite localité proche de Diffa, la préfecture du département.

Adieu l’insouciance ! Adieu la petite sauvageonne innocente !



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