Mariages, mariage

Récit érotique écrit par Odan le 01-05-2022
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Catégorie Couple

J’ai maintenant près de 60 ans. Et les mariages, pas seulement les miens, les mariages en général, ont joué dans ma vie, et singulièrement dans ma vie sexuelle, un rôle fondamental.

Ma découverte de la sexualité eut lieu lorsque j’avais dix ans. Au mariage d’amis de mes parents, j’avais été placé à la table des enfants. Il y avait avec nous une fille de 18 ans, une grande, pour moi, une femme, que j’avais trouvée très sympa avec moi, alors que j’étais plutôt timide. Ne sachant trop où me mettre, ni quoi faire, alors que tout le monde s’était mis à danser, je la cherchais des yeux. Impossible de la trouver. Pourtant, il y a deux minutes, elle était avec un vieux (il devait avoir 23 ans…) près des boissons. Je me dirigeais donc vers la table des boissons, quand j’entendis un bruit bizarre, sous la table. J’écoutais attentivement, en essayant de distinguer ce son de la musique beaucoup trop forte : il y avait là une fille qui gémissait ! Je soulevais la longue nappe qui couvrait la table pour comprendre ce qui se passait… et je tombais nez-à-nez avec elle, en train de baiser avec le mec. Elle me fit un grand sourire, avec un doigt sur les lèvres pour me demander de me taire. Je restai là ébahi, puis pris la fuite à l’autre bout de la pièce, rouge comme une pivoine : je venais de voir pour la première fois des gens faire l’amour, et accessoirement, une fille nue, avec des seins dont je me souviens encore.

Quatre ans plus tard, j’avais donc quatorze ans, je fus invité au mariage d’une cousine, qui en avait dix de plus que moi, et dont j’étais secrètement amoureux. C’était pour moi simultanément une grande déception – elle en épousait un autre – et une grande excitation – liée au souvenir précédent. Je logeais chez ma tante. Le matin du mariage, elle me dit que ma cousine me cherchait, et qu’elle voulait me parler avant la cérémonie. Elle se préparait dans sa chambre. Je frappais donc à sa porte et elle me répondit d’entrer. Elle était de dos, revêtant sa robe de mariée. J’avais donc ce privilège de la voir ainsi avant le marié – sorte de petite vengeance de gamin que je goûtais pleinement. Elle me dit qu’elle voulait me parler, mais qu’avant, il fallait que je l’aide, elle ne parvenait pas à fermer la robe. Un peu gêné, assez émoustillé, j’essayais donc de fermer la fermeture dans le dos, mais elle s’était bloquée. Je lui dis donc que j’allais plutôt descendre la fermeture, pour la débloquer, avant de la remonter. Je me concentrai donc sur ma tâche, découvrant son dos nu, sans soutien-gorge, et je fus obligé de descendre là où la fermeture s’était bloquée, soit… au niveau de son string. Mon premier string, mon premier dos nu… Elle maintenait la robe plaquée sur ses seins, de sorte que je ne pouvais pas descendre assez bas. Je lui dis qu’il fallait qu’elle la relâche un peu, et comme elle était devant un grand miroir, je pus voir ses seins splendides. Elle me vit bien la mater, mais après tout, c’est elle qui m’avait demandé de l’aide ! Je pus enfin décoincer la fermeture et je m’apprêtais à la remonter et à fermer cette robe quand elle me dit : « je sais que tu es amoureux de moi, et je voulais te faire un cadeau avant de me marier… » Elle m’écarta un peu d’elle, se retourna, et se montra ainsi de face, ne portant que son string très minimaliste, très dentelle transparente, et la robe à ses pieds, ses seins pointés vers moi. Je dus avoir l’air d’un imbécile (heureux). « Allez, file, tu en as assez vu ! »

Quatre ans plus tard, j’avais donc dix-huit ans, et j’avais beaucoup changé : je faisais du rugby, et ça se voyait. Ce qui ne se voyait pas – enfin, je l’espérais en tout cas – c’est que j’étais puceau. Mon père avait quitté ma mère et j’étais invité à son remariage avec une fille de 20 ans sa cadette. Comment cette conne pouvait-elle épouser un vieillard obsédé comme lui, et ne pas me regarder ? En fait, je ne me posais pas la question. J’étais persuadé de n’avoir aucun intérêt, et d’être pour les femmes de son âge, mais en fait pour toutes les femmes, un gamin. Ce que, je dois le dire, j’étais indéniablement dans ma tête. Vous imaginez : pour toute expérience sexuelle, j’avais les deux aventures que je viens de vous raconter. J’avais été placé à une table d’amis de la mariée – des vieux donc, environ 35 ans – qui étaient assez rasoir. Il y avait un couple, Anne et … je ne sais plus du tout comment s’appelait son boulet de mari. Ce crétin travaillait dans une banque, en avait l’air très fier, et s’il avait pu dire « regardez-moi, je suis friqué », je crois qu’il l’aurait fait. Anne s’emmerdait ferme, et elle me sourit amusée quand elle remarqua que je regardais son débile de mari avec un certain mépris. D’autant que, je dois quand même l’ajouter, c’était un gringalet qui se la jouait, mais que je faisais une bonne tête de plus que lui, et je ne vous parle des muscles. Je l’aurais soulevé avec une main sans problème. A un moment où il devenait très pénible, la prenant à témoin de ses exploits grotesques, elle se leva et me dit « Viens, on va danser, les histoires de Marc (il s’appelait Marc, ça me revient en entendant sa voix), ça me fait chier. » Il est resté comme un con, et on est allé danser. J’avoue que j’étais assez fier que ce petit brin de femme (1,60 m, 45 kg, tout en finesse, habillée très classe, élégante et raffinée, elle m’impressionnait beaucoup) s’intéresse à moi. Je n’étais pas un très bon danseur, j’étais même carrément gauche, mais elle avait l’air de s’en foutre. Elle se colla à moi au premier slow, une main sur mes pectoraux, l’autre dans mon dos. Je sentais l’odeur de ses cheveux, ses petits seins appuyés sur mon torse, j’étais tétanisé et fou. Je sais qu’elle n’ignorait rien de mon émoi, et sans doute la flattait-il. Elle m’alluma franchement – il n’y avait pas grand-chose à faire… – et insista assez pour que con connard le remarque. Au bout de plusieurs danses, un peu éméché, il vint nous trouver pour me réclamer sa femme. Elle le toisa comme j’aurais détesté qu’elle me regarde, et lui répondit qu’elle dansait avec qui elle voulait. Comme il insistait, je m’interposai en me dressant devant lui et en faisant le mâle : « T’as pas compris, elle t’a dit non. » Il repartit penaud, tandis qu’elle éclatait de rire en me prenant par la main et en me poussant vers le petit parc qui jouxtait la salle de mariage. Là, à l’abri de l’ombre du soir et au coin de la grange, elle me roula une pelle mémorable, et frotta sa jambe contre mon sexe tendu. Voulait-elle faire payer son crétin de mari, avait-elle vraiment envie de moi, je n’étais pas en état de me poser la moindre question. Elle extirpa mon membre avec dextérité, mais elle n’eut même pas le temps de se pencher vers moi que j’avais déjà éjaculé, tant j’étais excité… Elle éclata de rire de nouveau, me glissa à l’oreille qu’elle était flattée et un peu déçue, et me laissa tout seul ridicule, honteux… Vous imaginez le truc, je pense. Le lendemain, j’essayai de ne surtout pas la croiser tant je me sentais minable. Mais elle me cherchait. « Ah, t’es là » me dit-elle en arrivant dans mon dos. « Viens. » Et elle m’entraîna dans sa chambre pour me donner ma première leçon de sexe. Elle me déshabilla lentement, faisant attention de ne presque pas me toucher, tant j’étais déjà tendu. Puis elle s’écarta, et me fit un strip-tease mémorable. Elle commença à se caresser, se doutant je pense que je ne saurais pas faire, puis s’approche de moi, me fit étendre sur le lit, et s’empala doucement, lentement, sur mon sexe douloureux tant il était raide. Jamais je n’avais ressenti cela. Passer de la branlette d’ado à une femme experte qui a décidé de vous apprendre et de vous faire vraiment jouir, le saut est brutal. Elle allait sur moi d’avant en arrière, et alternativement de haut en bas, elle me fit prendre ses seins dans les mains, m’apprit à en caresser les pointes, elle me demanda de la soulever – facile – par les fesses et de la relâcher lentement sur moi, elle ralentissait à chaque fois qu’elle sentait que je m’excitais. Nous baisâmes pendant deux heures. Je la pris en levrette, je la pris debout, en la tenant dans mes bras – je crois qu’elle aimait être ainsi soulevée – je jouis entre ses seins, je léchais son clitoris… Une découverte totale. La fis-je jouir ? Sur le moment, j’en étais certain. Aujourd’hui, j’en doute. Anne, je ne t’ai jamais revue, et je n’ai jamais eu l’occasion de te remercier. Tu ne m’as pas seulement déniaisé – et j’en avais foutrement besoin – tu m’as ouvert à la sexualité, tu as inauguré un pan essentiel de ma vie. Je doute que tu lises ce récit – tu dois avoir près de 80 ans aujourd’hui… – mais sait-on jamais, j’en profite pour te dire la dette que j’ai envers toi.

J’entrai en classe préparatoire pour devenir ingénieur. Trois années de boulot intense, pendant lesquelles le puceau que je n’étais plus ne souffrit pas trop. Pas le temps pour la gaudriole, deux ou trois aventures en trois ans, rien d’intéressant, rien qui mérite d’être raconté. Et j’intégrai une grande école d’ingénieur (on dit « grande école », mais je n’y ai pas appris grand-chose, moins en tout cas qu’en préparant les concours, ou ensuite, dans la vie active, j’y reviendrai). Cet été-là, mon père, qui avait déjà divorcé – je crois qu’elle l’avait copieusement cocufié, juste retour des choses après ce qu’il avait fait subir à ma mère pendant des années – épousait en troisièmes noces… ma mère ! Pourquoi lui avait-elle pardonné, pourquoi l’avait-elle attendu, je ne l’ai jamais su. J’étais donc doublement au centre de la fête : le grand fils (je ne l’ai pas précisé, mais 1,88 m quand même, et à l’époque, sans doute 88 kg, le bestiau, quoi), qui venait en plus de réussir un prestigieux concours. Et j’avais quant à moi besoin de décompresser après ces trois années difficiles. Si je n’avais pas perdu ma timidité première, je n’étais plus le maladroit balourd d’auparavant, merci Anne, et je savais que je plaisais. Je connaissais aussi mes arguments, et je savais que mon gabarit de rugbyman en faisait se retourner plus d’une. Je draguais donc tranquillement, et vers trois heures du mat, la plupart des invités commençant à fatiguer ou à disparaître, je me retrouvais encore en train de danser, avec trois filles déchaînées. Je pendais avoir le choix et ne savais pas trop laquelle choisir pour finir la nuit ; elles le voyaient autrement. Quelques heures plus tard, j’étais à poil dans une grande chambre, avec les trois. L’une me faisait une pipe d’anthologie, pendant que j’en bouffais une autre et que la troisième regardait. Une fois que je fus suffisamment raide à son goût, celle qui regardait écarta la suceuse et vint se ficher sur moi, par le petit trou, abominablement serré. Les autres l’aidaient, soit en écartant ses fesses, soit en maintenant ma tige. Une fois totalement empalée, elle commença à monter et à descendre comme une folle. Elle me faisait mal tant elle était serrée, mais je crois qu’elle ne s’en rendait pas compte. Elle était de toute façon beaucoup trop ivre pour se rendre compte de grand-chose. Je finis par me lever en la soulevant, et je continuai à la baiser comme une brute debout, tandis qu’une autre à quatre pattes me léchait le cul. Je changeai de partenaire plusieurs fois dans la nuit. Au petit matin, totalement épuisé, ayant joui quatre ou cinq fois, je m’endormis. Je crois que ma mère est passé dans la chambre, m’a vu endormi avec trois filles à poil, mais elle ne m’en a jamais parlé. Je ne sais même pas comment elles s’appelaient.

Durant les études à l’école d’ingénieur, j’eus quelques copines successives, mais je ne m’attachais pas. Je ne voulais pas faire comme mon père, et je ne promettais rien. Plutôt que de faire le service militaire – eh oui, ça existait, à l’époque – j’avais choisi de partir à l’étranger en coopération. Je fus affecté en Irak, alors que la guerre avec l’Iran n’était pas terminée. Je m’étais spécialisé en balistique, et mes compétences intéressaient manifestement les experts militaires français – et irakiens, évidemment – sur place. J’y fis, pendant le même mariage, trois rencontres décisives qui changèrent ma vie. L’ambassadeur se mariait, quelques jours seulement après mon arrivée, et je fus convié sans bien comprendre pourquoi. J’y rencontrai trois femmes, dont je vais vous parler successivement.

Hélène, qui travaillait pour un groupe français d’armements : c’est à elle, je le sus plus tard, que je devais et mon affectation en Irak (elle avait repéré mon profil sur la liste des coopérants possibles) et mon invitation au mariage (elle avait besoin de me rencontrer). Petite femme énergique, décidée, mais qui savait aussi être discrète et silencieuse (je n’ai jamais su si elle travaillait aussi dans le renseignement, mais ce ne serait pas surprenant). Au tout début du mariage, Hélène vint vers moi, me guida, m’expliqua ma présence, ce que j’aurai à faire en Irak, pourquoi tout cela était très important et très confidentiel, puis elle me présenta l’ambassadeur. C’est grâce à elle aussi que j’ai trouvé rapidement un emploi (dans l’armement) en rentrant en France, et d’une certaine façon, je dois ma carrière à mes mérites et à ses recommandations initiales. Hélène et moi n’avons jamais couché ensemble. Je n’en ai jamais eu envie, elle non plus je crois. Nous sommes devenus amis, nous nous voyons toujours, elle ne s’est jamais mariée, moi si, et ma femme l’adore. Elle est aussi pour ma fille une sorte de seconde mère.

Marie-Aude. Elle était l’une des premières pilotes de chasse française. Nous avons beaucoup travaillé ensemble, parce qu’il fallait adapter des missiles français à des avions irakiens, et ces équipements n’étaient pas exactement prévus l’un pour l’autre. Juste après l’ambassadeur, c’est à Marie-Aude qu’Hélène me présenta, pour les raisons techniques et professionnelles qui la préoccupaient. Marie-Aude m’a initié au pilotage, ce qui est devenu l’une des grandes passions de ma vie, et mon fils (j’ai deux enfants) est aujourd’hui pilote de ligne, sans doute de ce fait. Sur les deux années passées en Irak, c’est avec elle que j’ai passé le plus de temps, et ce qui devait arriver dans ces cas-là arriva. Un soir de travail et de fatigue, nous avons bu un coup de trop pour décompresser, et nous avons été tout surpris le lendemain de nous rendre compte que nous étions dans le même lit. Ce fut une aventure assez brève – je commençai à être très amoureux de quelqu’un d’autre, je vais en parler, et elle était absolument mariée de son côté – mais intense. Marie-Aude était issue d’une famille très catho. Elle avait brisé pas mal de tabous – devenir pilote, mais en même temps, son père était militaire ; évoluer dans un milieu très masculin – et en particulier, elle avait décidé, assez jeune je crois, qu’elle ferait ce qu’elle voudrait de son corps. Blonde élancée, sportive, presque pas de poitrine mais ultra-sensible dès qu’on lui suçait les tétons, absolument clitoridienne – je sais ne l’avoir jamais fait jouir en la pénétrant, elle me laissait faire, parce qu’elle savait que moi, ça me faisait jouir, mais elle prenait son pied autrement. Et elle adorait les situations risquées. Baiser en risquant de se faire prendre, des fois très vite, mais de façon très intense. Plusieurs fois, nous avons baisé dans un hangar de l’aérodrome militaire, au pied d’avions de chasse très surveillés ; plusieurs fois, elle a du se mettre au garde-à-vous à moitié débraillée, moi plaqué sous une bâche, et au garde-à-vous d’une autre façon… Je crois que c’est cela qui la faisait le plus jouir, le risque. Plusieurs fois, alors que nous étions en communication radio parce qu’elle faisait des essais en vol, je pense qu’elle s’est caressé. Et plusieurs fois elle m’a mordu le pénis tant il y avait en elle quelque chose d’animal. Elle s’est tué quelques années plus tard en faisant de la voltige. Me femme, la troisième femme rencontrée dans ce mariage dont je vais vous parler, ne l’aimait pas – elle sait que nous avons eu une aventure, mais je n’étais pas encore avec elle alors, et sans doute y a-t-il là une sorte de jalousie.

Et enfin Nawal, ma femme. Elle était le contact d’Hélène dans l’armée irakienne. En réalité pas militaire, mais ingénieure comme moi. C’est la troisième personne à laquelle Hélène me présenta. Les choses entre nous furent immédiatement électriques. Elle avait – elle a encore – un regard extrêmement sombre, non seulement lié à la façon dont ses cheveux de jais encadraient son visage, mais aussi à la dureté de sa jeunesse. Son père avait été exécuté par le régime qui l’employait (Sadam Hussein), et elle vivait dans une sorte de méfiance permanente – qu’elle a heureusement perdu. Elle vivait aussi dans une liberté stupéfiante pour une Irakienne. Assez menue, mais avec de belles hanches, une poitrine petite mais admirablement formée, qu’elle a encore pour mon plus grand bonheur, une bouche comme je n’en avais jamais vue – en fait, si… en faisant la liste des femmes que j’ai rencontrées et qui ont compté pour moi, je crois que sa bouche me fait penser à celle d’Anne, au souvenir confus que j’ai de celle d’Anne – et des yeux d’un vert profond. Je l’ai dit, très sombres parfois, mais pourtant si verts… Je m’y noyais presque instantanément, tandis qu’elle était étonnée, je crois, du curieux mélange de mon gabarit – une brute épaisse comme elle croisait tant dans l’armée irakienne – et de mon pedigree – un ingénieur assez pointu et un peu timide. Il ne nous pas fallu très longtemps pour deviner l’attirance réciproque que nous éprouvions, violente, surprenante, incongrue. J’ai réalisé avec elle, dès ce soir de ce mariage, un fantasme qui me hantait depuis longtemps : je l’ai baisée sous la table, protégé par la nappe longue qui nous isolait du reste de la fête… comme j’en rêvais je crois depuis mes dix ans. Je l’ai baisée longuement, tendrement, fougueusement, j’ai vu ses yeux chavirer, j’ai gobé ses seins, je les ai massés dans mes grosses mains, j’ai mangé sa bouche et sucé ses fesses, je l’ai prise en levrette comme je pouvais – la table n’était pas très haute, c’était très inconfortable – je l’ai prise en missionnaire. Elle n’était pas vierge – une Irakienne très à part… – mais elle m’a avoué plus tard que j’étais le premier homme à l’avoir faite jouir. Je crois qu’Hélène avait compris, mais elle ne m’en a jamais parlé. Ce fut un moment de sexe très fort, mais dès la fin de la soirée, Nawal m’indiquait qu’il ne s’était rien passé, et que ça ne se reproduirait pas. Et quand, les semaines qui suivirent, alors que je travaillais aussi avec elle, elle se comporta avec moi de façon très distante, je finis par renoncer. Nawal avait du mal à faire confiance. Durant cette période de sa vie, elle prenait ce qui venait avec une sorte de faim et de rage qui lui étaient propres, mais elle refusait de s’attacher. Elle s’est donc écartée de moi parce qu’elle pensait ne rien pouvoir en attendre, que je n’étais qu’un Français de passage, et mon aventure avec Marie-Aude, par la suite, la confirma dans cette opinion. Ce n’est qu’au moment de mon départ d’Irak, quand je fis des pieds et des mains, avec l’aide d’Hélène évidemment, pour la faire partir, qu’elle commença à revenir vers moi. Le soir où je parvins enfin à réunir tous les papiers nécessaires, je débarquais chez elle sans prévenir – et en Irak, qu’un homme débarque comme ça chez une femme, un homme étranger chez une femme irakienne, ça ne se fait pas trop… Elle m’accueillit de façon glaciale, me laissant entrer en me disant immédiatement que je n’avais que cinq minutes avant de dégager. Je lui expliquai le pourquoi de ma venue, je lui montrai les papiers qu’elle n’espérait plus, pensant qu’elle allait se détendre un peu. Rien. « Ok, c’est bien, c’est gentil de ta part de t’être donné tout ce mal, mais 1. Je ne t’ai rien demandé – ça, c’était un peu faux, mais elle était inquiète de ma venue et furieuse que je n’aie pas prévenu – et 2. Une fois en France, je fais comment pour vivre ? Je fais la pute ? » « Ben, non, je te loge, avec Hélène on va te trouver du travail et dès que tu seras indépendante, tu feras comme tu veux. » Tout cela me semblait simple, mais évidemment, ça supposait une confiance qu’elle ne m’avait pas encore accordé. Et puis, comme je l’ai dit plus haut, je m’étais vraiment attaché à elle et je savais, à ce moment-là, que je voulais passer ma vie avec elle. Elle, elle savait juste qu’elle voulait vivre, si possible ailleurs… « Chez toi ? Comme ça ? Tu es complètement grotesque, allez, dégage. » Je m’étais vraiment démené pour elle, j’avais obtenu l’impensable, j’étais dingue d’elle, et elle me jetais comme un chien. Furieux, je la pris par les épaules, je l’embrassai comme je n’ai jamais embrassé quelqu’un – enfin, si, elle, depuis… – je la lâchai et me dirigeai vers la sortie en la traitant de tous les noms. Claquage de porte, et je rentrai chez moi. Une demi-heure plus tard, elle sonnait chez moi – et ça aussi, une femme irakienne qui débarque chez un homme étranger, fallait oser – en larmes, me sautait au coup et m’arrachait littéralement mes vêtements.

Là, il faut que je m’arrête un instant. J’avais eu quelques aventures, plus ou moins intenses. Je pensais savoir quelque chose du sexe. Mais je n’avais jamais été amoureux, réellement dingue de quelqu’un. Pour la première fois de ma vie, j’avais dans mes bras une femme pour laquelle j’étais prêt à tout donner. Et ça change tout. Il ne s’agissait pas de baiser, il s’agissait de faire l’amour, il ne s’agissait pas de s’envoyer en l’air (enfin, si, aussi), il s’agissait d’accomplir ensemble un rituel mystérieux. Nous l’accomplîmes recueillis, concentrés, nous savions tous les deux que ce que nous faisions n’avait plus rien à voir avec ce que nous avions fait jusqu’ici. Je la caressais pendant plusieurs heures avant de la pénétrer, j’explorais les parcelles de sa peau mate, je léchais chaque frisson, je goûtais chaque recoin. Elle découvrait chacun de mes muscles qu’elle faisait délicatement rouler sous sa main, elle se lovait contre moi comme pour s’assurer qu’elle y serait, définitivement, protégée, qu’elle y serait en confiance. Elle me suça le sexe longuement, attentive à mes moindres frissons, sans me faire jouir, elle l’apprenait, elle en mémorisait chaque veine, chaque tremblement. Je massais ses épaules tendues, ses fesses rebondies, je massais son anus avec une infinie tendresse – ça aussi, pour elle, c’était une première – et elle me rendit cette caresse inconnue – pour moi aussi, ce fut une première. Quand enfin, vers deux ou trois heures du matin, je la pénétrais, collé à son dos, sur le côté, elle me murmura ce qui aurait pu faire fuir n’importe qui : « aime-moi, fais-moi un enfant. » Mais nous savions tous deux que notre vie n’aurait de sens qu’ainsi, ensemble, et cet acte d’amour que nous accomplissions, qui nous dépassait, fut incroyablement fort. Je la pénétrais avec douceur, et cet accouplement dura longtemps, très longtemps – depuis, nous avons fait mieux, mais ce n’était plus dans la même découverte – elle attentive à mon plaisir et moi au sien, chacun concentré pour atteindre l’orgasme le plus fusionnel possible. Elle finit par jouir accroupie sur moi, muette et les yeux presque révulsés tant la jouissance la traversa, les cuisses tremblantes serrées autour de mon torse, son visage intensément concentré et d’une beauté à couper le souffle, le visage d’une femme amoureuse qui jouit, le visage d’une femme qui se livre totalement, qui s’offre au plus profond d’elle-même, qui ne retient rien, quand elle avait toujours tout retenu. Son sexe vibra longuement autour du mien, de plus en plus fort jusqu’à ce moment où je sentis qu’elle relâchait tout, qu’elle coulait littéralement sur moi, tandis que je tenais ses seins à pleine mains, que je sentais sa respiration comme soudain coupée, suspendue, et qu’à mon tour, de la voir ainsi, je giclais en elle profondément, par saccades de plus en plus violentes, chaque jet de mon sperme faisant comme tressauter son corps sur le mien, nos orgasmes nous mettant à l’épuisement, à nous écrouler l’un sur l’autre. Elle resta ainsi, couchée sur moi, ses seins écrasés sur mon torse, ses cheveux trempés me baignant le visage, mon sexe se ramollissant doucement à l’intérieur du sien. Nous nous endormîmes ainsi, fichés l’un dans l’autre. Sans doute l’un de nous bougea-t-il dans la nuit. Je la retrouvais au matin nue contre moi, et pleurant doucement. Je ne comprenais pas, je la pris dans mes bras avec inquiétude, mais elle ne me laissa pas le temps de parler : « Fais-moi l’amour, fais-moi l’amour comme cette nuit, et si tu ne veux pas m’épouser – je ne te le demande pas – fais-moi mourir d’amour une dernière fois. »

Je n’ai pas encore réussi à la faire mourir de jouissance, et ce n’est pas faute d’essayer régulièrement. J’ai réussi en revanche à lui faire un enfant, sans doute cette nuit ou ce matin-là, puis un autre, et à défaut de la faire mourir d’amour, de la faire vivre libre.

Le jour de mon mariage, je ne vous en parle pas : c’est privé.


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01-05-2022 0 1360

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